I
Prades d'Aubrac, mon cher village,
Dans la montagne, bien campé
Sous la caresse des nuages.
Et dans la splendeur, de l'été
Tu es au seuil du pays des herbages
Qui déroule à l'infini
Le diorama d'immenses pâturages
Entre Auvergne et Midi
II
Tu es pour moi le coin de terre
Où je suis né, où j'ai grandi
Dans la rustique maison de pierre
De lave noire et de granit
Que mes anciens ont crées en bastide
Abritant leurs berceaux
De bises froides de la Margeride
Qui balaient nos plateaux
III
Ta vocation, c'est l'élevage
Des vaches blondes, j'ai bu le lait
Et grâce à ce divin breuvage
J'ai acquis à ce qu'il paraît
L'amour de toi, qui fut ma nourricière
Dès que je fus sevré
En remplaçant la chère et tendre Mère
Qui m'avait enfanté.
IV
Mon origine montagnarde
C'est mon orgueil et ma fierté
Ma joie de vivre, ma cocarde
Et mon curriculum vitae
Un corps robuste, hérité de mon père
Un esprit sain, ad hoc
Font que je sais garder les pieds sur terre
Solide comme un roc.
V
Dans tes grands prés, bordés de frênes
J'ai entendu l'autan gémir
Du coin de l'âtre, l'âme sereine
J'ai vu tourbillonner l'essir
Puis l'herbe verte, émaillée de fleurettes
Onduler sous le vent
Je l'ai fauchée et fanée pour nos bêtes
Sous un soleil ardent
VI
Sur ma montagne rude et belle
De Caussanel- Lunet à Born
Ma pensée va jusqu'à Aurelle
Et par delà, plus loin encor'
De Nasbinals, à Aubrac, à Laguiole
Sur les trucs, sur les puys
De la Truyère aux crêtes cévenoles
Tout ça c'est mon pays.
VII
J'aime du haut des croupes reines
Voir: Ségala, Causse, Rougier,
Lévézou, Carladès, Viadène
Et de Rodez, le fier clocher
C'est ma province entière que j'ambrasse
Les yeux sur l'horizon
Du suc de Born qu'on appelle La Place
Des truques à Bonnefon.
VIII
Aux quatre vents de ma montagne
Si secrète et haute en couleur
Quand les narcisses et la gentiane
Lui font une nappe de fleurs
Il y a aussi les burons qu'on repère
Grâce aux mâts de Saint-Jean
L'été la vie pastorale et austère
L'hiver et le désert blanc
IX
Tous les ans, je reviens à Prades
A l'ombre de son vieux clocher
Parents, amis et camarades
Viennent aussi s'y reposer.
Rien n'est si bon que l'air de sa patrie
Rien n'est si doux au cœur
Que le retour aux sources de la vie
Rien n'est plus enchanteur.
X
C'est pourquoi, au son des cabrettes
Aux accents de l'accordéon
A la Saint-Jean, notre fête
C'est en chantant que nous valsons
Après avoir observé en pratique
La fière tradition
D'ouvrir le bal par la bourrée antique
Rythmée par nos talons